Rapport installation Ubuntu 18.04.1 LTS + HP neuf 17-ak041nf

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le Manchot Masqué
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Rapport installation Ubuntu 18.04.1 LTS + HP neuf 17-ak041nf

Message par le Manchot Masqué » dim. 26 août 2018, 16:49

Attention : ce post est volontairement technique.

Nous avons dit que nous dénoncerions tous les modèles rencontrés en réunion informatisée qui nous ont posé des problèmes à l'installation, considérant que ce n'est pas à nous, consommateurs, de faire le travail des fabricants.

La configuration

Portable HP neuf 17-ak041nf (APU AMD double cœur A9-9420, 4 Go RAM, 530 AMD Radeon, 1To disque dur Toshiba 5400tpm + 1 SSD Sandisk 128 Go - un modèle vendu autour de 500€ fin août 2018). Système installé en dual boot : Ubuntu Mate 18.04.1 LTS.

Le WiFi

Commençons par le seul point positif de HP dans l'histoire : celui d'indiquer clairement la démarche pour installer la carte WiFi intégrée au modèle (une RTL8723CE), laquelle n'est pas reconnue par défaut avec l'image ISO de la dernière Ubuntu 18.04.1 LTS, car trop récente.

Cf. https://h30434.www3.hp.com/t5/Notebook- ... -p/6477307

Notez bien que tomber sur cette page, perdue dans le site d'HP, a déjà été un petit miracle en soi. Sinon la page en anglais propose de compiler soi-même le driver à la main, à partir des codes sources. Il est bien évident qu'aucun débutant ne se lancera dans l'affaire : on attendrait au moins, de la part d'HP, un paquet debian à télécharger et installer d'un simple double-clic, comme chez Brother par exemple. Bref, grosse déception.

Sinon le driver semble fonctionner, et HP d'indiquer qu'il est déjà intégré aux noyaux 4.17 (à ce jour, nous en sommes au noyau 4.15). En d'autres termes : quand le noyau 4.17 deviendra officiel (dans quelques semaines), la carte WiFi sera pleinement supportée en natif sous GNU/Linux, et ce problème disparaîtra de lui-même.

Soyons francs : ce problème d'avoir une carte WiFi non supportée à l'installation nous est déjà arrivé sur d'autres modèles, et chez d'autres fabricants. Le responsable principal est le fondeur de la puce, Realtek pour ne pas le nommer, qui au lieu de fournir tout de suite un driver GNU/Linux fonctionnel, prend souvent son temps.

Une solution pour pallier le problème est d'acheter un dongle WiFi USB externe, mais là aussi, il convient de bien se renseigner avec d'acheter n'importe quoi.

Le processeur

Pour rappel, l'APU du modèle mêle un CPU classique et un GPU graphique (radeon chez AMD).

Malheureusement, et nos essais d'installation l'ont démontré : sans l'ajout manuel de l'option nomodeset dans le kernel au démarrage (ce qui suppose là encore de connaître la manipulation), et sans la mise en place des mises à jour dès la fin de l'installation de la Ubuntu, avant même de redémarrer (en faisant un chroot manuel sur la partition + installation des mises à jour), on se chope des erreurs d'écritures disque EXT4 à la volée, que ce soit sur le SSD ou sur le disque dur mécanique !

Et là, c'est carton rouge ! Un pilote a certes le droit de planter, comme tout autre programme de l'ordinateur, mais c'est bien la première fois que nous avons observé une corruption de partition due à un driver graphique foireux ! La logique actuelle des fabricants de fusionner CPU et GPU dans une même unité physique (APU chez AMD, mais Intel fait la même chose) semble ainsi amener de nouveaux problèmes qui n'existaient pas dans les générations précédentes.

Miniaturiser et regrouper les composants pour baisser les coûts de fabrication fait certes partie du progrès, mais demande à minima des microcodes noyau à jour, et AMD de démontrer des retards de plus en plus fréquents dans la prise en charge de ses processeurs récents.

Nous l'avions déjà expérimenté dans des réunions informatisées récentes à Murbach, sur un autre PC en Ryzen 1500 (processeur dernière génération du même fondeur AMD), où la machine plantait avec le dernier noyau officiel disponible sous Ubuntu 18.04 LTS - on n'avait plus vu ça depuis des années sur un poste fixe ! La solution avait été de revenir sur un ancien noyau qui fonctionnait, et de bloquer les mises à jour, en attendant une future version plus finalisée.

Pour en revenir à notre machine HP ici concernée, les tests effectués ont montré qu'il fallait à la fois une version actualisée du microcode AMD, déjà disponible dans les mises à jour de la Ubuntu (mais étrangement non installée au départ malgré la coche idoine durant l'installation), et à la fois court-circuiter l'optimisation graphique au démarrage avec l'option nomodeset du noyau, sinon on se retrouvait avec un plantage au démarrage, et une partition EXT4 corrompue.

C'est notamment cette corruption de la partition qui a nécessité de refaire plusieurs fois l'installation au complet, avant de cerner exactement d'où venait le problème. Au final, l'installation a pris plusieurs heures, contre 30mn pour une installation normale classique.

Car oui : nous sommes des hargneux, et nous le valons bien ! ;)


MAJ 20180827 : avec le kernel 4.17 et l'option amd_iommu=off au démarrage, à la place de nomodeset, enfin, la mise en veille et la puissance d'éclairage (backlight) sont gérés correctement ! Il aura fallut galérer encore plusieurs heures avant enfin de trouver la combinaison gagnante - en espérant que cette expérience servira à d'autres !

Le BIOS

Sur l'accès au BIOS UEFI (premier programme lancé au démarrage de la machine, avant le système d'exploitation), il faut d'abord rappeler qu'HP n'utilise pas les touches F1/F2 traditionnelles que l'on retrouve chez les concurrents, mais F10. Idem quand il s'agit de choisir le périphérique de démarrage : en général, c'est F12/SUPPR, mais chez HP, c'est F9. Là encore, pas la peine d'attendre d'un utilisateur basique qu'il connaisse ces subtilités techniques.

Nous arrivons dans le BIOS lui-même, et plus exactement dans le menu Configuration du système.

Déjà on ne comprend pas pourquoi le menu Technologie de virtualisation est désactivé. Avec 4Go de RAM, un PC classique peut aujourd'hui virtualiser au moins un système sur 2Go, sauf si le processeur de la machine est lent et poussif. Nous connaissons ainsi le cas d'un Toshiba de quelques années, dont le processeur AMD est aussi performant qu'un vieux Pentium 4, malgré ses 4Go de RAM. Le seul fait d'autoriser la vente de ces machines est pour nous une insulte aux consommateurs. Mais revenons à notre HP pour le moment.

La partie qui nous intéresse se trouve dans le sous-menu Options d'amorçage.

On commence par désactiver le démarrage sécurisé (obligatoire), dont le nom est aussi ridicule que l'apport en sécurité, compte tenu des mises non maîtrisées de l'éditeur qui viennent pourrir l'OS préinstallé en usine.

Si vous ne visez que GNU/Linux par défaut, vous pouvez tenter l'installation en mode CSM (Compatibilité avec les anciens BIOS), ce qui évite généralement des prises de tête. Mais il faut savoir que chez HP, l'option ne s'appelle pas CSM dans le BIOS, mais Maintenance du système existant (lien entre les deux termes ?).

À noter qu'en mode CSM, les partitions en GPT ne marcheront plus : il faut refaire une table de partition DOS (donc effacer totalement les disques), et repartitionner le tout manuellement. Ce n'est pas le choix adapté ici puisque les propriétaires de la machine souhaitaient conservé l'OS préinstallé. Nous sommes donc restés en UEFI, avec l'option Maintenance du système existant désactivée.

On arrive à l'option Ordre de démarrage UEFI.

Comme HP est un grand copain de microsoft, windows 10 s'applique systématiquement à reprendre la main au niveau du démarrage, et ce tant qu'on n'a pas modifié l'option via le Gestionnaire de démarrage du SE. Facile me direz-vous - et bien pas vraiment...

Après l'installation de la Ubuntu en mode UEFI, le BIOS doit normalement présenter deux entrées : ubuntu et windows. Seulement voilà : une fois encore, HP s'est appliqué à ne pas utiliser la touche Entrée pour valider le choix de l'utilisateur: il faut jouer sur F5/F6 pour monter ubuntu en premier, puis appuyer sur... F10 !!!

Tant que vous n'avez pas appuyé sur F10, l'option windows par défaut reste active, et windows 10 redémarre par défaut, laissant croire que le BIOS de la machine est corrompu/buggé, ou que la Ubuntu n'a pas été installée correctement ou n'est pas reconnue !

C'est apparemment le seul réglage du BIOS qui s'amuse à utiliser cette combinaison exotique avec un F10 pour valider un choix. Et de tous les BIOS que nous avons connu, c'est bien le seul à utiliser F10 au lieu de la touche Entrée. Il y a donc peu de doute sur le caractère volontaire du schmilblick.

Conclusion

Le cas du Ryzen ici rapporté est vraiment un cas à part - et ne changera pas notre conseil de base : si vous n'avez pas besoin d'un portable, toujours préférer un compatible PC fixe, beaucoup plus pérenne car réparable et évolutif, et toujours plus puissant à prix égal.

Pour le reste, vous aurez compris que ce sont comme toujours les modèles de portables récents avec OS préinstallés qui nous posent le plus de soucis en dual boot, et toujours pour la même raison : des pilotes non finalisés.

Il serait bien niais d'en conclure que ce problème est l'apanage des OS libres : la logique commerciale générale des fabricants est bien de vendre d'abord, et de corriger éventuellement ensuite. Du point de vue matériel, le consommateur restera toujours un cobaye, quel que ce soit l'OS utilisé.

Cela étant, de notre expérience en réunion informatisée, les modèles HP ont une très fâcheuse tendance à poser un maximum de problèmes à l'installation en dual boot. Et l'arrivée des nouveaux BIOS UEFI n'a rien changé en la matière : maintenant qu'HP ne peut plus limiter l'installation d'OS tiers en occupant les 4 partitions primaires du disque, ce qui était sa spécialité pendant des années, le coup du F10, pour valider le système d'exploitation par défaut, fait partie de ces petits détails qui continuent de fortement agacer, même si l'effort sur la carte WiFi est à saluer et à encourager.

Pour toutes ces raisons, l'achat d'un portable sans système préinstallé, de marque MSI, LDLC ou autre, reste le meilleur moyen d'avoir un matériel neutre, et non bridé.

Bien entendu, on trouve aussi des revendeurs sur la toile qui vous fourniront des portables avec Ubuntu Mate ou Mint Mate préinstallés (donc aucun effort à faire), même si nous soutenons qu'installer son système d'exploitation, ou au moins comprendre la phase d'installation, fait partie de l'apprentissage de base de l'informatique.

Et pour paraphraser ce cher Rémi, surtout n'oubliez pas la règle fondamentale :

"C'est en achetant n'importe quoi, qu'on devient n'importe qui..."

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Re: Rapport installation Ubuntu 18.04.1 LTS + HP neuf 17-ak041nf

Message par gerard25 » jeu. 06 sept. 2018, 14:08

Bonjour

Si sur un matériel semblable HP laptop 15-bs0xx avec un processeur I5 on veut remplacer complètement W10 (sans toucher à la partition de restauration)
est ce que les mêmes PB se présentent?

Gerard
Remarque : cet Hiver j'avais fait l'acquisition d'un Portable MSI ni moi ni le personnel de LDLC nous sommes arrivés à installer Ubuntu MATE que j'avais installé sur le portable de mon épouse . C'est pour cela je me suis rabattu sur un HP avec W10 pré installé

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Re: Rapport installation Ubuntu 18.04.1 LTS + HP neuf 17-ak041nf

Message par le Manchot Masqué » ven. 07 sept. 2018, 22:19

Déjà je suis très étonné qu'un MSI ait posé problème. Sur deux MSI récents, le premier est passé comme une lettre à la poste, et le second, j'ai souvenir qu'on avait eu deux petits soucis post installation qui ont été réglés rapidement. Alors je ne sais pas qu'elles sont les compétences du personnel de LDLC en logiciels libres, mais il ne faut jamais perdre de vue que ces gens sont d'abord des commerciaux, qui n'ont sûrement ni l'expérience, ni les connaissances des matériels que nous avons accumulées. À mon avis, il eut été plus rapide et plus recommandé de venir nous voir directement avec la machine : c'est bien le but des réunions informatisées publiques !

Quant aux problèmes ici soulevés, si vous comptez virer tout de suite windows, c'est sûr que ça facilitera une partie de la configuration, mais de là à prétendre que l'installation se fera sans heurts, je ne m'avancerais pas sur un HP ! J'ai exprimé mes griefs sur cette marque en particulier, et les raisons qui me pousse à l'éviter systématiquement. Ensuite chacun fait bien entendu ce qu'il veut, mais la nature est ainsi faite qu'elle ne transforme jamais une citrouille en carrosse.

Si tout se passe bien, tant mieux. Et si ça passe pas, vous saurez au moins pourquoi.

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Re: Rapport installation Ubuntu 18.04.1 LTS + HP neuf 17-ak041nf

Message par gerard25 » lun. 10 sept. 2018, 09:43

Je n'habite pas en Alsace et donc mes possibilités de vous rencontrer sont limités

Mais je n'en peux plus de W10

J'espère trouver un créneau pour monter à une réunion informatisé bientôt

Gerard

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