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Les éditos :

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Le RGPD

À ceux qui l'ignoreraient, le Règlement Général sur la Protection des Données impose aux organismes de plus de 50 salariés, et organismes publics, de nouvelles contraintes, sensées garantir la confidentialité et l'utilisation des données numériques qui leur sont confiées. On serait, bien entendu, tenté d'applaudir la démarche côté libriste, mais ce serait oublié un peu vite le Safe Harbor (2000 à 2015), suivi du Privacy Shield (à partir de 2016), qui ont précisément permis aux GAFAM d'engranger dans leurs fermes numériques nos données privées, via leurs collecteurs/chevaux de Troie favoris, que sont les smartphones, tablettes et ordinateurs sous OS privateurs de liberté.

Ce n'est pas juste que l'UE n'a pas réussi à protéger les données de ses citoyens, non : l'UE a pleinement et sciemment participé au viol collectif de notre vie privée, en donnant systématiquement carte blanche aux GAFAM, lesquels en ont largement profité pour venir nous renifler partout, et désormais en permanence. C'est également l'UE qui a encouragé les logiciels privateurs de liberté sur nos postes, en sacralisant définitevement la vente forcée matériel/logiciel en magasin, laquelle continue de gruger les consommateurs non avertis, en leur masquant d'une part l'alternative des logiciels libres, et en les détroussant au passage de 20% à 50% du prix de leur machine pour rien !

Alors certes : le RGPD mettra sûrement un terme au laxisme de quelques sociétés qui stockaient encore leurs mots de passe en clair, dont GitHub ou Twitter, et responsabilisera peut-être aussi un peu plus nos PME/PMI françaises, qui ne se gênent pas non plus pour exploiter nos informations dans notre dos, depuis des années, parfois en toute illégalité. Cela étant, le projet était dans les cartons depuis déjà plusieurs années, et les gros acteurs n'ont pas attendu le texte final pour prendre les devants. Pour les organismes publics européens qui découvrent ces nouvelles obligations, c'est bien entendu une autre paire de manche, car comme toujours, le texte de loi impose beaucoup, mais sans aucun financement pour accompagner les acteurs plus modestes.

Passons la farce grotesque du petit logiciel libre disponible sur le site de la CNIL : le RGPD impose d'abord, et surtout, beaucoup de paperasse supplémentaire, et notamment un Délégué à la Protection des Données (DPD), remplaçant le Correspondant Informatique et Libertés désuet. Et là est la petite subtilité des gratte-papiers de Bruxelles : le DPD ne peut être juge et partie, ce qui exclue d'office les informaticiens qui gèrent la structure. Dès lors, il faut soit se tourner vers un collaborateur proche, qui disposerait du savoir-faire technique éprouvé en informatique, et aurait des connaissances juridiques fortes et réelles sur la protection des données (ce qui suppose forcément une formation), soit faire appel à des ressources extérieures onéreuses, avocats spécialisés ou autres.

On devine immédiatement le métier de support qui se cache derrière le texte, et qui va coûter très cher aux petits organismes et collectivités, donc aux contribuables. Avec un besoin artificiel créé de 80000 DPD, face aux 5000 DPD existants, on peut certes espérer quelques emplois au passage (bien qu'un DPD puisse à priori proposer ses services à plusieurs sociétés), mais il faut comprendre qu'on ne créé pas ici des postes d'ingénieurs, dédiés à la sécurité des données, mais des postes de simples conseillers et surveillants, qui n'ont pas le droit de toucher à l'infrastructure, le DPD ne pouvant émettre que de simples recommandations en toute indépendance. Ainsi la responsabilité du DPD ne peut, au final, être engagée en cas de manquements ou d'erreurs, ce qui en fait un parfait contrôleur des travaux finis, ne se mouillant jamais les plumes. Venant de la part des banquiers de la commission, on n'en attendait pas moins...

Côté GAFAM, rien à signaler : ils continueront tranquillement de sur-exploiter nos données personnelles et privées, en revendant le tout au plus offrant, à commencer par les services de renseignements US. Dans ce sens, la récente médiatisation du scandale Cambridge Analytica a été d'autant plus ridicule que la firme n'était qu'un tout petit poisson, perdu dans un océan de requins. Avec leur puissance financière accumulée, les GAFAM ont désormais un pouvoir supranational, et n'ont plus à répondre de leurs actes, y compris dans leur pays d'origine. Le dernier passage de M. Zurckenberg devant le parlement européen a ainsi gravé à jamais le ridicule de l'institution. À part quelques moutons du parlement, découvrant soudainement qu'ils n'avaient aucune emprise sur les choses, M. Zurckenberg n'ayant pas répondu aux questions de fond et étant repartit précipitamment en raison d'un agenda «surchargé», l'immense majorité des mangeurs de soupe a tristement tenu son célèbre rôle de semblant de représentativité. Les britanniques pourront bientôt se frotter les mains d'économiser des salaires aussi inutiles.

On se rappelera encore qu'il y a quelques années en arrière, pour ne pas toucher au business florissant de ce même M. Zurckenberg, l'UE a imposé un avertissement stupide et rebarbatif, obligatoire sur tous les sites internet traçant leurs usagers, au lieu d'interdire une fois pour toute la pratique des cookies tiers dans les navigateurs, laquelle permet précisément aux GAFAM et autres publicitaires de nous pister à tout va.

Enfin, il faut bien comprendre que si M. Zurckenberg est, ces derniers temps, la cible privilégiée des politiques des deux côtés de l'Atlantique, c'est que les réseaux sociaux tiennent désormais une place stratégique majeure dans la désinformation assumée du système totalitaire européen et américain. Face à la montée des «eurolucides» sur internet, et tout particulièrement sur les réseaux sociaux, les européistes ne rêvent que d'une chose : faire taire à jamais la voix de la démocratie et de la libre expression, par tous les moyens possibles, à commencer par les fake news, la coupure des réseaux sociaux sans juge à l'approche des élections, l'interdiction de citer une société prise la main dans le sac dans un scandale honteux, la censure médiatique du parti du Frexit depuis la dernière présidentielle en France, etc.

Tout cela pour en arriver à la conclusion logique que le RGPD est un pétard mouillé de plus, qui ne changera rien, ni sur le fond, ni sur la forme, pour le citoyen lambda. Viser ainsi les entreprises, en laissant les particuliers se faire plumer au quotidien, n'a aucun sens. Si l'on voulait réellement redonner aux gens le pouvoir sur leurs données, on commencerait d'abord par leur vendre des matériels et pilotes (drivers) ouverts, fonctionnant sous logiciels libres, histoire de s'assurer déjà - et c'est un minimum - que les machines vendues dans le commerce soient propres et neutres à l'achat ! Et surtout on informerait correctement les consommateurs, en leur enseignant réellement les bases de l'informatique, plutôt que de leur vendre de la drogue numérique dure, et de plus en plus cloisonnée, pour mieux les spolier et les détrousser ensuite.

On pourrait aussi prendre l'argent gaspillé dans les outils de propagande du CSA, notamment côté télévision, pour investir dans des data center nationaux, en proposant un véritable service public côté cloud, et en obligeant ensuite les sociétés étrangères à passer par ce biais pour stocker leurs données, ce qui permettrait bien évidemment de mieux les contrôler. Et bien entendu, on interdirait tout transfert de données hors de France sans l'aval manuscrit des personnes concernées, en envoyant un gros bras d'honneur aux traitements automatisés entre états. Car il faut quand même arrêter un jour les conneries : le 11 septembre a certes fait 3000 morts, mais chaque année, les armes à feu aux USA en font plus de 10 000 ! (blessés non comptés). Donc quand on y réfléchit bien, il n'y a aucune raison d'accepter des lois d'extra-territorialités de la part de gens qui veulent passer pour des victimes, alors que le terrorisme qu'ils subissent n'est que le résultat de leur propre ingérence planétaire. Et la remarque vaut aussi pour nos propres dirigeants.

La protection des données devrait aussi s'appliquer aux conditions générales d'utilisation de services informatiques en tous genres, ces documents étant trop longs, trop complexes pour un non juriste, et généralement très mal présentés (certains diront que c'est voulu...). Imposer une taille de police lisible, et un maximum de 2 pages A4 de contrat par service, en excluant de fait toute télémétrie d'utilisation, ou transfert de données à des tiers, serait bien plus utile aux citoyens qu'un RGPD voulant donner une illusion de contrôle. En outre, croire que les GAFAM se plieront demain au RGPD est une farce, considérant le manque total de moyens de contrôle de l'UE sur ces clouds étrangers. À l'heure où les USA imposent leurs lois d'extra-territorialité et de protectionnisme au reste de la planète, le second retrait de Peugeot d'Iran prouve bien que 26 ans après Maastricht, l'UE ne pèse toujours aucun poids, n'a non seulement aucune armée pour réagir, mais s'est en plus enfermée elle-même dans l'OTAN via l'article 42 du TUE, et notamment via les trois contrats Open Bar en France, qui ont vendu notre souveraineté aux américains depuis 2008. Quoi de mieux en effet qu'un prisonnier qui fabrique ses propres chaînes ?

La conclusion reste toujours la même : l'UE fait semblant ici de s'attaquer aux conséquences, en refusant obstinément de s'attaquer aux causes qu'elle a elle même générées. Son incapacité notoire à se protéger de l'évasion fiscale des GAFAM, et sa complicité évidente à favoriser les produits et services de ces derniers sur son territoire, se passent tous deux de commentaires. En imposant le RGPD un an avant les prochaines élections européennes, on comprend surtout que l'UE cherche en fait à redorer son blason, terni par des dizaines d'années de corruption et de laxisme qui nous ont mené où nous sommes.

Il serait d'ailleurs fort opportun que le projet e-privacy, sensé permettre enfin la désactivation définitive des cookies tiers dans les navigateurs, soit miraculeusement voté juste avant cette même élection, après 7(!) ans de pallabres stériles. En tout cas, l'accélération soudaine des négociations, depuis 2017, n'est sûrement pas le fruit d'un simple hasard du calendrier.

On peut même parier que dans les mois qui arrivent, bien d'autres tentatives pour «apprendre aux électeurs à voter» verront le jour. La récente fermeture de chaînes youtube trop gênantes, dont TVL revenue après un jour de blacklistage, le ménage des comptes opéré dans les réseaux sociaux, le muselage global de tous les médias qui continue de plus belle, sont autant d'indices clairs et nets qui nous ramènent toujours à la célèbre citation de Richard Stallman : «Nous croyons qu'avoir le choix de son dictateur, ce n'est pas la liberté».

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