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Les éditos :

(permalien : )

L'Allemagne sous occupation

La bavière
À quoi servent les fenêtres ? À mettre des barreaux !

Notre histoire débute en 2004, avec la ville de Munich qui fait le pari très audacieux, pour l'époque, de passer sous GNU/Linux, et plus exactement sur une version modifiée de la distribution Debian. La décision fait alors l'effet d'une bombe au Q.G. de microsoft, à tel point que ce bon vieux Steve Ballmer écourtera ses vacances en urgence pour venir tenter le coup de poker de la grosse ristourne, en vain.

Le cancérologue de Redmont n'avait en effet pas compris que Bayern (la bavière) n'est pas un Bundeslander, mais un des trois Freistaat d'Allemagne avec Sachsen et Thüringen. En prenant sa décision, Munich affirmait d'abord son indépendance politique et économique face au fournisseur américain, mais aussi et surtout face à Berlin, qui léchait déjà ouvertement les bottes de Washington.

L'avance technologique de nos voisins d'Outre Rhin n'était pas non plus étrangère à la décision. En 2004, les librairies de Freiburg-im-Breisgau regorgeaient déjà de livres O'Reilly qui faisaient le bonheur des développeurs et geeks, face à des librairies françaises qui accusaient au bas mot 3 ans de retard bien comptés. Et si GNU/Linux demandait encore fréquemment de mettre les mains dans le cambouis pour faire fonctionner cartes graphiques, cartes sons et cartes réseaux, le fait est qu'une fois ces problèmes résolus, il fonctionnait plutôt bien, avec un jeune KDE3 qui n'avait rien à envier à son concurrent.

En 2012, Munich tirait un premier bilan de sa migration, et affichait fièrement une économie réalisée de 10 M€ d'euros, en démontrant au monde que le Libre permettait effectivement de faire des économies d'échelle. On imagine sans trop de peine à quel point les dents devaient grincer de l'autre côté de l'Atlantique. Ce d'autant plus qu'en 2012, GNU/Linux n'avait plus grand chose à voir avec sa version de 2004, et qu'on trouvait déjà bon nombre de logiciels libres solidement ancrés en milieu professionnel, dont un LibreOffice qui commençait sérieusement à faire mal au porte-monnaie de Redmont.

Bref, pour Microsoft, il était impossible de laisser la ville bavaroise aux mains des libristes, surtout que cette chère NSA devait passablement s'énerver de ne pouvoir espionner librement des centaines de milliers d'allemands en toute impunité.

Ne soyons pas dupes : le déménagement du siège allemand de microsoft au centre de la ville de Bavière en 2016, avec une nouvelle municipalité devenue étrangement hostile aux logiciels libres, et déroulant le tapis rouge à l'envahisseur, annonçait la couleur. Quant à la soi-disante étude d'interopérabilité, commandée par cette même municipalité à un partenaire connu de la firme américaine, sa conclusion était courue d'avance.

Bonne chance donc aux fonctionnaires munichois qui (re)découvriront les joies du monde privateur de liberté, après 13 ans de tranquillité sous GNU/Linux : antivirus et autres rustines sur la passoire qui ralentissent les machines et usent les disques durs, harcèlement de l'éditeur à coups de popups intempestifs, télémétrie dans le dos des usagers, mises à jour ratées qui bloquent partiellement ou définitivement la machine, et là, on ne parle même pas de l'ergonomie des nouveaux windows qui est une insulte au bon sens et à l'efficacité !

C'est oublié aussi le forcing passé totalement indécent de la firme, qui a harcelé pendant des mois ses usagers sous seven : popups intempestifs, chargement du nouveau système d'exploitation en P2P sans aucun consentement des propriétaires de la machine, détournement des mises à jour automatiques pour forcer la main aux récalcitrants, et enfin détournement spectaculaire (et unique en son genre) d'un bouton de fermeture de fenêtre pour mieux gruger les derniers rebelles !

Ajoutez à cela la propagande effarante des journaux informatiques français, qui ont «pondu» des milliers d'articles sur windows 10 trois mois avant sa sortie, sans jamais aborder les aspects de télémétrie et de surveillance, et on comprend mieux à quel point cette chère NSA se frotte déjà les mains, devant des souris de laboratoire aussi dociles et obéissantes, bercées par leurs grands médias complices !

Enfin, la très facheuse tendance de l'éditeur à prendre ses usagers pour des cobayes n'est un secret pour personne. Encore aujourd'hui, les victimes de vista pestent contre leur OS qui détient la palme du système compatible PC le plus lent de la planète. Et que dire des cobayes de windows 8, qui ont vu le menu démarrer disparaître pour être remplacé par une interface tactile totalement délirante ?

De là à qualifier windows 8 et 10 de systèmes pour masochistes heureux, les abus ont été tels ces dernières années que la question mérite honnêtement d'être posée.

Bien entendu, toute cette propagande et ce Diktat de l'éditeur n'auraient jamais pu avoir lieu sans l'aval tacite de la Commission Européenne et de la CJUE, laquelle a encore avalisé la vente forcée des GAFAM début 2017, en offrant aux multinationales américaines le contrôle total du système de vente en Europe occidentale.

Face à GNU/Linux qui a toujours été une référence serveur en milieu professionnel, et qui s'est désormais mué en OS grand public simple d'utilisation, lui permettant de briller en poste client, windows est devenu une espèce de jungle infâme, tant dans son utilisation que dans sa logique de fonctionnement, avec une incitation quasi-permanente à la distraction et à la consommation qui laisse dubitatif- surtout en environnement professionnel. Mais à sa décharge : Munich n'est pas la seule entité à confondre un OS de loisir avec un OS de travail.

Objectivement : si la ville de Munich avait fait le choix de passer sous windows seven en 2010, elle aurait encore pu défendre son point de vue. Mais avec windows 10 aujourd'hui, c'est clairement 50 M€ gaspillés qui iront encore engraisser les fonds de pensions américains. Et tant pis pour les munichois qui perdrons leur indépendance et leur savoir-faire au bout du compte.

Cela étant, il faut bien comprendre une chose : la perte de Munich n'est absolument pas un échec pour le libre ! En revanche, elle est clairement un échec pour la démocratie allemande et européenne dans son ensemble ! Munich ne repasse pas à windows parce que windows serait meilleur. Elle repasse à windows parce que le Freistaat de 2004 s'est mué en euro-région, soumise comme ses consœurs européennes à Bruxelles, donc aux lobbies américains.

Comme pour nos contrats OpenBar qui ont vendu la souveraineté de l'armée française à l'OTAN, dans notre dos, c'est la Liberté elle-même qui recule partout en Europe, y compris en Allemagne, parce que la corruption généralisée des dirigeants conduit à des décisions illogiques, contre le bonheur et l'intérêt des peuples souverains. Le tout récent retournement de veste d'un ministre allemand, ayant voté pour le maintien du glyphosate (roundup), soit disant contre l'avis de sa chancelière Mme Merkel, est équivoque. Non contents de trahir leurs peuples respectifs, ces gens en arrivent au point de se trahir désormais publiquement entre eux !

Se focaliser enfin sur le cas symbolique de Munich n'a plus vraiment lieu d'être en 2017, pour la bonne et simple raison qu'en 13 ans, bon nombre d'autres villes, de collectivités, de régions, voire d'états ont suivi l'exemple de la ville bavaroise avec succès.

Entre les exemples proches comme la gendarmerie nationale, les villes de Toulouse, Nantes et bientôt Rennes, ou plus loin Valence, qui annonçait en 2014 avoir déjà économisé 36 M€ en passant toutes ses écoles sous GNU/Linux, ou encore Turin, passée sous Ubuntu également en 2014, sur la base d'une économie de 6 M€ sur 6 ans, les migrations finalisées sont légions, mais sont systématiquement snobées côté grands médias. Pas la peine de demander pourquoi.

Oui : l'Allemagne est sous occupation. Mais elle n'est pas la seule.

L'étape suivante de l'esclavagisme numérique a déjà commencé, avec la mort programmée de la neutralité du net, et le filtrage des réseaux sociaux pour soit disant éradiquer ces abominables «fake news» (fausses nouvelles) russes et chinoises - mais pas américaines : un chien ne mord pas son maître - même quand celui-ci passe son temps à inventer des armes de destruction massives pour justifier des «guerres préventives» totalement illégales, blessant, tuant ou déplaçant des millions d'êtres humains qui n'aspiraient qu'à vivre en paix chez eux !

Personne n'est dupe sur la manœuvre en France : il s'agit surtout d'empêcher le seul parti pro-Frexit, né sur internet, de s'exprimer librement, malgré ses 30000 adhérents. La purge des abonnés pro-Frexit a déjà commencé sur les réseaux, et nul doute que d'ici à la prochaine présidentielle, la loi Urvoas continuera de plus belle à trahir et tuer toute égalité des partis, laquelle était le sel fondateur de la Vème République.

Dans cette UE totalitaire qui se construit, il est juste heureux que les logiciels libres ne dépendent pas du grand «Ministère de la Vérité» franco-germanique, mais de millions de gens de bonne volonté, qui collaborent dans le but de s'entraider et d'améliorer le quotidien numérique de l'espèce humaine, et parfois même du caillou qui nous sert de planète.

Quant à savoir enfin si l'informatique du XXIème siècle tuera la démocratie, ou au contraire la sauvera, tout dépendra d'abord de la capacité des peuples européens à rester unis face à la puissance étrangère qui veut les diviser pour mieux les assouvir, comme on l'a vu en Catalogne, et comme on le verra bientôt en Corse, et sûrement dans d'autres régions de France.

L'enjeu des logiciels libres, et services libres (Collectif des Chatons / outils Framasoft par exemple), va donc bien au-delà de la seule utilisation privée ou professionnelle qu'on en fait au quotidien : c'est défendre aussi une idée de partage du savoir et une démocratie ouverte, avec un outil numérique qui sert et protège les intérêts des concitoyens en respectant leur vie privée, et s'oppose à ceux qui ont détourné l'outil informatique pour réduire les peuples en esclavage.

La résistance commence dans nos ordinateurs, et consiste tout simplement à installer et utiliser des logiciels libres qui certes, ne règlent pas le contrôle du matériel ou du réseau, mais permettent déjà de compliquer fortement la tâche de tous ces braves gens trop curieux, qui veulent nous contrôler et nous imposer leurs œillères pour nous empêcher de voir le reste du monde.

Au niveau de nos petites associations, nous ne pouvons qu'inciter les gens à venir dans nos réunions informatisées pour libérer leurs propres machines, mais il est clair qu'à plus large échelle - et Munich le démontre une fois encore - le vrai problème du monde Libre aujourd'hui, c'est la corruption politique européenne généralisée.

A l'heure où les GAFAM imposent très habilement leurs tablettes jetables dans l'éducation nationale française, alors que des PC complets sous GNU/Linux offriraient un bien meilleur investissement, plus pérenne et plus efficace, tout en garantissant l'indépendance de l'école et la protection numérique des enfants, ceux qui ont trahi la Vème République continuent de plus belle leur merveilleux travail de vente par correspondance, et nous prouvent définitivement que les marchands d'esclaves n'ont pas disparu - ils ont juste évolué.

Sur ces quelques considérations, nous vous souhaitons d'agréables fêtes de fin d'année, en espérant bientôt vous retrouver dans nos réunions !

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